Des métiers et des hommes - Air France, gestes et parolesNadia Simony
Editions du Cherche Midi
Nadia Simony s’est livrée à une analyse édifiante des facteurs de changement au sein d’une entreprise qui en cinquante ans a eu à faire race à toutes les révolutions de la société : bouleversement géopolitiques, informatisation, globalisation, nouveaux moyens de communication, évolution technique du transport aérien… C’est une véritable mémoire non seulement de la vie au sein de l’entreprise, mais aussi de l’histoire des métiers et des relations sociales, avec ses moments de crises et d’emballement, ses moments d’avancée et de créativité.
"À côté de l'histoire des matériels ou du réseau des Lignes aériennes, à côté des figures emblématiques de l'aviation, de ces pionniers qui ont fait rêver, il y a une place à redonner aux hommes et au femmes de la Compagnie."
La fatigue des élites: le capitalisme et ses cadres François Dupuy
Le capitalisme pourrait prochainement souffrir de la démobilisation des cadres. En effet, ces élites marquent des signes de fatigue : ils refusent de prendre des responsabilités, ils développent des stratégies pour se protéger de la pression du client, adhèrent moins à l'esprit d'entreprise, etc.
Taff In SituDocumentaire de Thibaud Taillant
Produit par Dominique Hernandez
C’est avec son agence Paysage et Lumière que Dominique Hernandez a effectué la maîtrise d’œuvre sur le jardin de la cité des Sapins à Rouen. En parallèle, il est enseignant depuis 1998 à l’école d’architecture de Paris-Belleville. Il est également Paysagiste-Conseil depuis 2001 pour le Ministère de l’équipement dans le département des Hautes-Pyrénées.
En prenant appui sur l’expérience du chantier d’insertion des Hauts de Rouen, la maîtrise d’ouvrage, la maîtrise d’œuvre et l’entreprise d’insertion engageront ensemble une réflexion sur la conciliation possible entre l’actualité de la politique urbaine dans les cités sensibles et les nécessités sociales qu’entraîne la précarité dans ces mêmes lieux.
A partir des années 90, Thibaud Taillant réalise plusieurs documentaires et films institutionnels, mais son activité principale est la réalisation de court-métrages de fiction sélectionnés et primés en Europe et en Asie. Lors de sa rencontre avec Dominique Hernandez, il renoue avec le documentaire. Il est aussi intervenant en tant que maître de conférence à l’école d’architecture de Belleville.
On a fermé la fabriqueMarie-Celine Rey, François Warzala
Livre illustré pour la jeunesse
Un triste jour, la fabrique où travaille la petite machine à tisser les bas de soie ferme définitivement ses portes. Que peut-on devenir quand on sait seulement entremêler les fils délicats, quand on ne connaît que finesse et légèreté ?
Un album plein de douceur et de malice dont les illustrations soulignent l'humanité paradoxalement attachée au destin d'une machine.
Marie-Céline Rey est illustratrice. Elle a collaboré à de nombreux magazines et plusieurs éditeurs (Hatier, Nathan, Librio...) ont déjà profité de son talent. Elle travaille aussi avec la créatrice de mode Dominique Lila pour laquelle elle dessine des motifs. "On a fermé la fabrique" est son premier livre pour les enfants.
François Warzala est graphiste et illustrateur. Il a déjà publié un précedent ouvrage dans la même collection aux éditions Odin avec lesquelles il collabore depuis plusieurs années en tant que graphiste.
Aimer, s'aimer, nous aimerBernard Stiegler
La violence et l'insécurité dans lesquelles nous vivons - aussi exploitées qu'elles puissent être fantasmatiquement, voire manipulées de manière délibérée - relèvent avant tout d'une question de narcissisme, et sont le fait d'un processus de perte d'individuation. Il s'agit de narcissisme au sens où un homme comme Richard Durn, assassin d'un nous - assassiner un conseil municipal, représentation officielle d'un nous, c'est assassiner un nous - souffrait terriblement de ne pas exister, de ne pas avoir, disait-il, le " sentiment d'exister " : lorsqu'il tentait de se voir dans une glace, il n rencontrait qu'un immense néant.
C'est ce qu'a révélé la publication d son journal intime par Le Monde.
Durn y affirme qu'il a besoin de " faire du mal pour, au moins une fois dans [sa] vie, avoir le sentiment d'exister ". Richard Durn souffre d'une privation structurelle de ses capacités narcissiques primordiales. J'appelle " narcissisme primordial " cette structure de la psychè qui est indispensable à son fonctionnement, cette part d'amour de soi qui peut devenir parfois pathologique, mais sans laquelle aucune capacité d'amour quelle qu'elle soit ne serait possible. Freud parle de narcissisme primaire, mais cette expression ne correspond pas tout à fait à ce dont je parle : elle désigne l'amour de soi infantile, une époque précoce de la sexualité. Freud parle aussi de narcissisme secondaire, ce qui survient à l'âge adulte, mais il ne s'agit encore pas de ce que je nomme le narcissisme primordial, qui est sans doute plus proche de ce que Lacan désigne dans son analyse du " stade du miroir ". Il y a un narcissisme primordial aussi bien du je que du nous : pour que le narcissisme de mon je puisse fonctionner, il faut qu'il puisse se projeter dans le narcissisme d'un nous. Richard Durn, n'arrivant pas à élaborer son narcissisme, voyait dans le conseil municipal la réalité d'une altérité qui le faisait souffrir, qui ne lui renvoyait aucune image, et il l'a massacrée.