Le travail, expérience culturelle majeure, vit des mutations qui travaillent profondément la société. La création entretient avec lui de curieux rapports.
Un Sourire de Toi… explore, jusque fin 2007, ce qui se joue entre les deux univers du TRAVAIL et de la CREATION.
Manifestation à ambition interrégionale puis européenne, l'action 2006-2009 du projet se compose :
- d’un colloque le 12 février 2007 au cours de l'événement "Et voilà le travail, les bâtisseurs", du 1er au 18 février à Aubervilliers - de la mise en place d'ateliers de travail itinérants (Rhône-Alpes, Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, PACA, Bretagne) - de la création d'une exposition grand public en Ile de France et dans les régions partenaires (fin 2008-début 2009) - de la publication d'un ouvrage - du lancement d'une plateforme internet pérenne et d'outils de communication - de la mise en place d'un programme de rencontres itinérantes.
Ce projet permettra de :
- Valoriser les actions existantes concernant le travail et la création hier et aujourd'hui, concernant la mémoire du travail et sa transmission - Répertorier les pratiques et partager les acquis d'expériences - Fédérer les acteurs, faire connaître leurs travaux et stimuler des rencontres débouchant sur de nouvelles actions collectives - Mutualiser des moyens, des outils
:
Le travail, expérience culturelle majeure, vit des mutations qui travaillent profondément la société. La création entretient avec lui de curieux rapports.
Un Sourire de Toi… explore, jusque fin 2007, ce qui se joue entre les deux univers du TRAVAIL et de la CREATION.
Jeudi 29 novembre à partir de 19 heures
au Théâtre de la Renaissance
Dans le cadre du festival SCIENCE & CINÉMA
« À NOUS DE VOIR »
qui à lieu du 22 novembre au 2 décembre à Oullins
(Théâtre de la renaissance)
Une soirée - débat avec la projection de 2 films :
● NOTRE PAIN QUOTIDIEN, film de Nikolaus GEYRHALTER 2007 / Autriche / 92 minutes
● SI LOIN DES BÊTES, film de Manuela FRESIL 2003 / France / 56 minutes
En présence de :
Manuela FRESIL, réalisatrice
Jocelyne PORCHER, chargée de recherches à l'INRA-SAD/CNA
Nous avons choisi de nous intéresser au monde de la production industrielle de nourriture et de l'agriculture high-tech, mais aussi aux activités de « production animale », identiques
dans leurs objectifs et dans l'essentiel de leurs moyens à d'autres productions industrielles. La productivité appliquée au monde agricole a pour conséquence la création et l'exploitation
d'équipements démesurés. Dans ces espaces où des hommes et des femmes travaillent à la chaîne, le rapport à la nature et l'attachement aux bêtes et à la terre s'estompent peu à peu pour laisser
place à une automatisation des pratiques. Il s'agit, face à cette organisation du travail désincarnée, de nous interroger sur nos comportements souvent contradictoires de citoyens, de
travailleurs et de consommateurs.
NOTRE PAIN QUOTIDIEN, film de Nikolaus GEYRHALTER 2007 / Autriche / 92 minutes
Au rythme des tapis roulants et des immenses machines, le film se
déroule sans commentaires dans les lieux de production de la nourriture en Europe, censés nous apporter notre pain quotidien. Seuls les gestes méticuleux des travailleurs, les bruits des machines
et les cris des animaux nous guident dans ce voyage mécanique où tout est réglé et chronométré. Dans cet univers particulier, la part de l'humain est minime et pourtant là, des femmes et des
hommes, des bêtes jouent un rôle précis dans la logistique de ce système qui fournit à notre société sa nourriture. Un film sans commentaires, sans voix off mais dont les images parlent et
demeurent.
SI LOIN DES BÊTES, film de Manuela FRESIL 2003 / France / 56 minutes
L'élevage, c'est dix mille ans d'histoire partagée entre l'homme et l'animal. Mais depuis les années 70, la rationalisation agricole a transformé l'élevage traditionnel en système industriel de
production de viande, de lait, d'œufs, etc. Ainsi, aujourd'hui, 26 millions de porcs sont abattus chaque année en France. Si les conséquences négatives de cette industrialisation sur la société
(pollution, risques pour la santé, ...) sont largement pointées du doigt dans les médias, le travail de ceux et celles qui ont pour métier d'élever les bêtes est moins connu.
Manuela FRESIL est allée enquêter en Bretagne et en Catalogne pour montrer deux conceptions très différentes du métier : d'un côté, des éleveurs qui travaillent « avec » des
animaux, en essayant de leur maintenir de bonnes conditions de vie. De l'autre, des producteurs de viande qui exploitent des « machines » animales selon les prescriptions de la
zootechnie, et doivent faire comme si les animaux n'étaient plus du vivant. Les « productions animales » ont construit un rapport aux animaux d'élevage basé sur une exploitation sans
merci et sur le déni de cette relation de travail avec les bêtes.
Ce film témoigne non seulement des liens qui existent entre éleveurs et animaux, mais aussi des liens qui existent entre la viande dans notre assiette et nos choix de société, et plus largement
entre le statut du travail et l'avenir du vivant.
Samedi 24 et dimanche 25 novembre Avec la participation de Paul Brétécher (Agapes, restaurant d’insertion, Corbeil), Bernadette Chevillon (La Villa,Corbeil), Sandra Alvarez de Toledo (éditrice
des Œuvres de Fernand Deligny), d’Anne Toussaint (réalisatrice, animatrice de l’atelier « le travail comment ça va ? »), des salariés du CAT l’Oiseau-mouche, et de la
Coordination des intermittents et précaires d’Ile-de-France.
« À la fondation du lieu de l'autre, nous avons affiché la volonté d'accompagner notre propre entreprise , notre mission d'insertion, d'une réflexion sur le travail. Si
celui-ci est aujourd'hui posé comme une valeur centrale, ce n'est pas sans mettre en difficulté, voire en souffrance, une large partie de la
population, dans ou hors l'emploi. Entre désoeuvrement et suractivité, le geste "pour rien", l'agir libre semble condamné à disparaître, confiné dans le champ des pratiques
artistiques, elles-mêmes toujours plus prises dans l’idéologie du "résultat". L'absence de place fleurit là où tous jouent un "rôle". Comment dès lors inventer une pratique de l'insertion qui ne soit pas de pure adaptation, mais propose à la fois une place sur terre
et un sens à l'agir humain ?
Ce moment de rencontre autour du CAT l'Oiseau mouche et de l'oeuvre de Fernand Deligny permettra de nous poser ensemble ces questions. Cette réflexion se
poursuivra au long de l'année 2008 avec l'atelier de réalisation "le travail, comment ça va?" » Valérie Marange
Samedi 24 novembre à 20h30 à 22h / entrée : 8 €, T.R 4 €
Diffusion / Atelier de théâtre
CŒUR SUR LA MAIN
par la compagnie CAT l’Oiseau Mouche/ entrée
8 euros
« Pas d’absence représentée, pas d’immédiateté de la présence non plus. On n’est pas devant, on n’est pas à la place de. On est toujours entre. La chose est à entendre en
deux sens : être entre, c’est appartenir à un certain type de communauté, une communauté construite, précaire, qui ne se définit pas en termes d’identité commune, mais en termes de partage possible. Mais ce qui est à partager est lui-même pris dans un partage, lui-même en voyage entre deux êtres, deux lieux, deux actes. »
J. Rancière « Notre atelier s'intitulait « Quitter la scène ». Nous sommes partis d’une anecdote d’importance ; documentaire : un homme, un jour, à l’occasion d’un concert, préféra écouter. À New York. Ecouter au lieu de jouer. Imaginez un concert où le soliste institué s’arrête.
Que se passe-t-il. En matière d’arrêt-évènement puis de fabrication. Une sorte de grève. Imprévue. Où jouer pourrait désigner autre chose que remplir un rôle. »
Olivier Derousseau
Jennifer Barrois, Jérémie Boudef, Aurélie Bressy, François Daujon, Gérard Dold, Olivier Derousseau, Frédéric
Foulon, Thomas Frémaux, Sandrine Gillon, Vincent Lefebvre, Caroline Leman, Baptiste le Marradhour, ValérieVincent, Ludovic Warocquier, Martine
Wawrzyniak.
Dimanche 25 novembre 15h à 18h30/ Entrée libre Chantier / Café de ciné-philosophie LE TRAVAIL, COMMENT ÇA VA ? / entrée libre
Diffusion du film « CE GAMIN-LÀ » de Renaud Victor (1976, 96’, 35mm).
Programmation établie par « l’atelier de production des regards », suivie de lectures et rencontres. « C'est la différence entre agir et
faire. Nous, nous faisons quelque chose, c'est l'intention ça, c'est le langage : on fait la soupe, on fait la vaisselle, on fait je ne sais pas quoi. Un gamin autiste ne
fait rien : c'est de l'agir. Ça se voit très fort. Ça se voit pour qui a l'œil, pour qui vit avec des gamins autistes. De même pour l'image : une image
ça ne se « fait » pas dans mon jargon. Une image arrive, elle n'est que coïncidence...
Or coïncidence, l'image au sens où je l'entends, l'image propre, est autiste. Je veux dire qu'elle ne parle pas. l'image ne dit rien ! Et... comme pour ce qui
concerne les enfants autistes, raison de plus pour que tout le monde lui fasse dire je ne sais quoi... l'image aussi a bon dos...
Ce Gamin là, c'est un documentaire ou une fiction ? C'est un documentaire pur jus. Et pour cause : vous ne pouvez pas faire faire autre chose à Janmari que ce
qu'il effectue chaque jour. On peut pas faire plus documentaire. Eh bien ça fait fiction parce que les gens n'ont jamais vécu un truc pareil. Il n'y a ni documentaire, ni fiction, il y a du coutumier, ce coutumier étant assez réel pour surprendre... L'ultra coutumier surprend : c'est-à-dire la surprise peut venir de ce
qui ne se voit pas. Un geste pour prendre un bout de pain peut surprendre si vous arrivez à « filmer » ce qui dans le geste ne se voit pas, et se met de telle manière
que
le se s'aperçoive de ce qu'il n'aurait pas vu. » Fernand Deligny
ECARTS est une association soutenue par la Ville d’Arcueil, la Communauté d'Agglomération du Val de
Bièvre, la DRAC Ile de France, la Caisse des Dépôts, le Conseil Général du Val-de-Marne, le Conseil Régional
d'Ile-de-France, la Préfecture du Val-de-Marne et les Anisettes Gras
Aux Archives départementales de la Seine-Saint-Denis
18, avenue du Président Salvador Allende 93000 Bobigny ( 01 43 93 97 00
Histoire d’un film, mémoire d’une lutte
La lutte des Rateau-La Courneuve en 1974
La grève avec occupation des métallurgistes de l’usine Rateau à la Courneuve est une des premières grandes luttes contre une politique de restructuration et de liquidation
d’entreprises qui se manifesta de manière particulièrement précoce en Seine-Saint-Denis. Intervenant quelques années après 1968, ce conflit marque l’entrée dans un cycle de combats de longue
durée avec occupations des locaux, pour la défense de l’emploi. Ces affrontements se déroulent alors même que le monde industriel français se restructure et passe de la phase patronale au
capitalisme financier. Le destin de l'usine Rateau de La Courneuve est inscrit dans cette logique : crée par l’ingénieur Auguste Rateau (1863-1930) puis associée au groupe Schneider (sur
décision de l’Etat), elle est rachetée par le groupe CGE-Alsthom en 1970.
Entamée le 31 janvier 1974 et achevée le 29 avril de la même année, la longue grève "des Rateau" signe, pour la CGT et le PCF, une nouvelle façon de lutter et de communiquer, entre
l’héritage de 1968 et la construction de nouvelles pratiques.
Projection : « Rateau » (sans titre ni générique, 24 min) et rushes montés par Julien Pornet à Périphérie.
Introduction : Christian Beauvais, président de l'Institut CGT d'Histoire sociale de la Seine Saint-Denis.
Invités : Christian Novarini (syndicaliste), Pierre Tavernier (syndicaliste), Xavier Vigna (historien, auteur de l’Insubordination ouvrière dans les années 68,
essai d’Histoire politique des usines, Presses Universitaires de Rennes, 2007), Pierre Corman (opérateur et réalisateur), Hervé Delouche (auteur de Rateau, histoire d’une entreprise, 1994)
…
Conception et animation de la table-ronde : Tangui Perron, chargé du patrimoine et de l'action culturelle à Périphérie.
Partenaires: Périphérie, Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Institut CGT d'Histoire sociale de la Seine Saint-Denis, Photothèque de l'IHS-CGT
A partir des années 1970, un grand nombre de films sur les conflits sociaux ont été réalisés dans le département de la Seine-Saint-Denis dans le but de garder un souvenir,
une trace, la mémoire d'un mouvement.
D'autres, moins nombreux, ont un contenu plus ambitieux : il s'agit de dégager le sens d'un combat et même d'indiquer la "voie à suivre". Les premiers ont été en majorité réalisés par des salariés,
les seconds par des cinéastes professionnels. Ces cinéastes proviennent généralement eux-mêmes de deux champs idéologiques de gauche opposés. Tous ces films sont des documents historiques, certains
sont de véritables essais de création artistique.
La lutte terminée, gagnée ou perdue, ces films n'ont plus de vie réelle. Entre la vignette, l'album de famille et l'oubli, ces documents finissent le plus souvent par être relégués
hors du champ de l'histoire. Cependant, les "retours de flamme" de l'actualité, ou le travail artistique, permettent de leur redonner une visibilité et un écho plus grands. Or, la production, la
réalisation et la réception des films sur les conflits sociaux ont aussi une histoire. Celle-ci peut être écrite en sollicitant les témoignages de ceux qui ont pris les images, confrontés aux
souvenirs des acteurs de la lutte.
Révéler et construire l'histoire d'un film et évoquer historiquement un conflit social participe ainsi à un même mouvement de connaissance du réel. On tentera ici d'esquisser une
approche matérialiste de l'image et des représentations, en prenant comme point de départ (et d'arrivée) les nombreux films réalisés au sein d'un même territoire, la Seine-Saint-Denis,
département riche en implantations industrielles qui a de surcroît une longue tradition de luttes ouvrières.
T.Perron
Périphérie centre de création cinématographique
Archives départementales de la Seine-Saint-Denis
Institut d'histoire sociale de la CGT Seine-Saint-Denis
Séminaire : « Santé et travail XVIIe- XXe siècle »
organisé par E. Belmas et D. Fraboulet (Université de Paris XIII – MSH Paris-Nord / EHESS)
De décembre 2007 à mai 2008 à
l’EHESS, 105 bd Raspail 75006, Paris.
Le monde du travail constitue l'un des milieux environnementaux susceptibles d’avoir un impact sur la santé des personnes qui y passent une part importante de leur temps. La
prise de conscience de la souffrance au travail et de son influence à la fois sur la production et sur la société est apparue au cours et surtout à la fin du XIXe siècle. Toutefois les
problèmes de santé inhérents à l’exercice d’une activité professionnelle existaient dans la France pré-industrielle.
Le séminaire s’efforcera d’inventorier les maladies professionnelles sur le temps long (XVIIe-XXe siècles) en prenant en compte les transformations techniques, économiques et
sociales. Nous avons choisi d’orienter la thématique d’une part sur les professions où se manifestaient particulièrement les maladies professionnelles et les accidents du travail
(principalement les mines et la métallurgie) ainsi que sur les catégories les plus fragiles, ouvriers, travailleurs immigrés.
Programme (toutes les séances auront lieu le lundi de 17h à 19h en salle 11) :
3 décembre 2007 : Pr J. Coste, PU-PH Paris V-Cochin, EPHE, « Les pathologies des militaires XVIIe-XVIIIIe siècles »
7 janvier 2008 : E. Belmas, « Les maladies des artisans au XVIIIe siècle »
4 février 2008 : D. Fraboulet, Laure Pitti, Giulia Fabbiano, M. Morange : 1er bilan des travaux du groupe de recherche Santé, Travail,
Immigration.
3 mars 2008 : A. S. Bruno, « Les maladies professionnelles des travailleurs immigrés tunisiens »
1er avril 2008 : Xavier Paules : présentation de sa thèse sur L’opium à Canton 1912-1938 – (à préciser)
5 mai 2008 : D. Fraboulet : « Les pathologies des ouvriers de la métallurgie au travers des archives de l’Inspection du travail (2e partie
du XXe siècle) ».
Soirée-débat dans le cadre du festival "A nous de voir" le 29 novembre (à partir de 19h) à Oullins
Dans le cadre du Festival « A nous de voir » science et cinéma du 22 novembre au 2 décembre 2007 à Oullins.
La soirée débat le 29 novembre (à partir de 19h) est organisée et animée par Ciné Travail avec la projection de 2 films:
Notre pain quotidien (film de Nikolaus Geyrhalter)
Si loin des bêtes (film de Manuela Fresil)
La productivité appliquée au monde agricole a pour conséquence la création et l'exploitation d'équipements démesurés. Dans ces espaces où des hommes et des femmes travaillent à la
chaîne, le rapport à la nature et l'attachement aux bêtes et à la terre s'estompent peu à peu pour laisser place à une automatisation des pratiques.
Alors que de nombreuses questions se posent aujourd'hui sur la qualité de la nourriture, il s'agit, face à cette organisation du travail désincarnée, de nous interroger sur nos
comportements souvent contradictoires de citoyens, de travailleurs et de consommateurs.
INVITEES
Jocelyne Porcher, Chargée de recherche à l'Inra-Sad/Cna,
Manuela Fresil, Réalisatrice