Vernissage à La Vitrine, le mercredi 5 décembre, à partir de 18h
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AU BOULOT ! TRAVAIL & CREATION
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Julien Prévieux – Management cockpit
Vernissage à La Vitrine, le mercredi 5 décembre, à partir de 18h
Exposition du 6 décembre 2007 au 6 janvier 2008
Pour sa dernière exposition personnelle chez Jousse Entreprise, Julien Prévieux s’attaquait déjà à plusieurs monstres. Monstres technologiques quand il reproduisait la coquille
vide du premier ordinateur imaginé par Seymour Cray en 1977 pour la NSA, transformé dans la galerie en un simple mobilier tout en bois et banquette cuir noire. Aux monstres économiques aussi,
quand il appliquait à des textes issus du Capital de Karl Marx tout un système de décryptage usité par les moines du Moyen Age pour des textes sacrés. Au monstre historique enfin, pour La
Soufrière, quand il associait nos chères petites têtes blondes à des desseins moins angéliques, transformant l’air de jeu en atelier clandestin : les cocottes en papiers qu’il leur donnait
à plier contenaient les répliques des sentences distribuées par la CIA au Nicaragua dans les années 80 contre le gouvernement sandiniste. En se parant d’une méthode rigoureuse ultra balisée,
les œuvres de Julien Prévieux s’attaquent à des sujets sensibles en toute impunité, finissant par retourner comme un gant l’approche elle-même employée.
A la Vitrine, entre une cartographie, des archives de gestes futurs pseudo didactiques et des mini ovnis pseudo scientifiques, l’exposition affiche de faux airs de science
fiction. Sur le mur, un gigantesque diagramme retrace l’histoire contemporaine des films de « sécurité nationale » via son interprétation cinématographique. La méthode empruntée est
singulière – l’artiste se dote d’un « logiciel d’aide à la décision » traitant les synopsis de dizaines de films de 1960 à nos jours, de tous genres confondus (comédies, science
fiction, comiques). De La somme de toutes les peurs, à Invasion USA, en passant par Ultime décision, War Games, Le jour d’après, ou encore Armageddon, les films passent en revue tout type de
menaces – politique, militaire, ou naturelle – et de stratégies guerrières, d’infiltration ou d’invasion. Le résultat est décapant : un imbroglio de lignes et de mots d’où émergent
quelques nœuds significatifs. Du coup, la (soit-disante) intention première de clarification aboutit finalement à son effet contraire – l’illisibilité du graphe proposé. Comme si
l’artiste, après s’être contraint à un intense lavage de cerveau, finissait par prendre pour agent comptant les fictions visionnées et par reproduire leur vision paranoïaque.
A cette fausse grille de lecture répond un film d’animation What shall we do next? en forme de mode d’emploi de gestes à effectuer dans l’avenir. En réalité, des gestes associés
à des brevets déposés récemment auprès de l'USPTO, l'agence américaine chargée de la délivrance des titres de dépôts de brevets. Pour beaucoup inventés avant même la machine qu’ils sont censés
manipuler, les gestes semblent ici planer, immatériel, à l’écran – l’« archive de gestes futurs » devenant une sorte de chorégraphie abstraite. Contrebalançant les deux premières
pièces, les petits engins qui tourbillonnent au fond de la galerie nous embarquent dans un univers faussement poétique qui pourrait bien constituer la seule menace de l’exposition. Sauf que si
leur forme rappelle celle des drones munis de micro caméras censées surveiller les camps ennemis – un projet conçu par la CIA mais encore non réalisé – les machines sont ici troquées par
de simples hélices d’érable distribuées en pure perte dans l’espace. Là encore, le projet initial est comme renversé en cours de route, la menace militaire débauchée au profit d’un phénomène de
prolifération et de gaspillage.
En empruntant une méthode de recensement, de gestes ou de synopsis de films ici, des empreintes digitales de Sarkozy et de petites annonces d’emploi ailleurs, Julien Prévieux
jette des ponts entre le générique et le spécifique, entre la commande et l’appropriation, et finit par transformer les tentatives de contrôle en pure abstraction.
Signature le même soir du nouveau livre de l’artiste : « Lettres de non motivation », à 18h au bar à côté de La Vitrine.
La Vitrine
De l’Ecole Nationale d’Arts de Paris-Cergy
24 rue Moret 75011 Paris Parmentier - Couronnes.
Du mercredi au samedi, de 14h à 18h
Contact : Guillaume Segur (tél 01 43 38 49 65) lavitrine@ensapc.fr
Coordination : Mathilde Villeneuve (tél 01 30 30 78 98) mathilde.villeneuve@ensapc.fr
La Vitrine est membre de TRAM / réseau art contemporain Paris Ile-de-France
Informations : www.ensapc.fr/lavitrine
par les sourires
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