« Histoire d’un film, mémoire d’une lutte » n°9
La lutte des travailleurs de Penarroya à Saint-Denis
Le mercredi 20 février 2007 à 14 h.
Aux Archives départementales de la Seine-Saint-Denis
18, avenue du Président Salvador Allende 93000 Bobigny - 01 43 93 97 00
Majoritairement marocains, tunisiens et algériens, les ouvriers de Penarroya à Saint-Denis et à Lyon, usines affiliées au groupe Rothschild, récupéraient et faisaient fondre différents métaux
dans des conditions d’hygiène et de sécurité lamentables. Suite à travail militant et syndical, les 135 ouvriers de Saint-Denis, regroupés à la CGT, se lancèrent dans une grève d’une quinzaine de
jours en 1971 pour le droit au respect et une augmentation de salaire. Cette grève, en partie victorieuse, contribua à lancer un second mouvement en 1972, cette fois soutenu par la CFDT,
dans les usines de Saint-Denis et Lyon, - suite aussi à un intense travail d’enquête, de coordination et de médiatisation des Cahiers de Mai. Au-delà même de ces péripéties syndicales et
politiques, la lutte des Penarroya poursuit le « Mai 68 ouvrier » et contribua à rendre public les conditions d’existence des travailleurs immigrés, souvent exploités et méprisés, en
Seine-saint-Denis (terre industrielle) comme ailleurs.
Projection : Penarroya (1971, 12 min, anonyme) et extraits de Penarroya, les deux visages du trust (1972) de Dominique Dubosc et des Cahiers de Mai.
Introduction : Christian Beauvais, président de l'Institut CGT d'Histoire sociale de la Seine Saint-Denis.
Invités : Laure Pitti (historienne, maître de conférence à Paris VIII), Bernard Loup (syndicaliste CGT puis CFDT à Penarroya), Jean Bellanger (ancien secrétaire de l’UL CGT de Saint-Denis, sous réserve), Dominique Dubosc (réalisateur, sous réserve)…
Conception et animation de la table-ronde : Tangui Perron, chargé du patrimoine et de l'action culturelle à Périphérie.
Collaboration : Myriam Goncalvès (Photothèque de l'IHS-CGT), Sylvie Zaidman (Archives départementales)
Partenaires : Périphérie, Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Institut CGT d'Histoire sociale de la Seine Saint-Denis, Photothèque de l'IHS-CGT
A partir des années 1970, un grand nombre de films sur les conflits sociaux ont été réalisés dans le département de la Seine-Saint-Denis dans le but de garder un souvenir, une
trace, la mémoire d'un mouvement.
D'autres, moins nombreux, ont un contenu plus ambitieux : il s'agit de dégager le sens d'un combat et même d'indiquer la "voie à suivre". Les premiers ont été en majorité réalisés par des
salariés, les seconds par des cinéastes professionnels. Ces cinéastes proviennent généralement eux-mêmes de deux champs idéologiques de gauche opposés. Tous ces films sont des documents
historiques, certains sont de véritables essais de création artistique.
La lutte terminée, gagnée ou perdue, ces films n'ont plus de vie réelle. Entre la vignette, l'album de famille et l'oubli, ces documents finissent le plus souvent par être relégués hors du champ
de l'histoire. Cependant, les "retours de flamme" de l'actualité, ou le travail artistique, permettent de leur redonner une visibilité et un écho plus grands. Or, la production, la réalisation et
la réception des films sur les conflits sociaux ont aussi une histoire. Celle-ci peut être écrite en sollicitant les témoignages de ceux qui ont pris les images, confrontés aux souvenirs des
acteurs de la lutte.
Révéler et construire l'histoire d'un film et évoquer historiquement un conflit social participe ainsi à un même mouvement de connaissance du réel. On tentera ici d'esquisser une approche
matérialiste de l'image et des représentations, en prenant comme point de départ (et d'arrivée) les nombreux films réalisés au sein d'un même territoire, la Seine-Saint-Denis, département riche
en implantations industrielles qui a de surcroît une longue tradition de luttes ouvrières.
T.Perron
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